Qui peut prétendre aujourd’hui que l’électricité comme source d’énergie soit une révolution technologique ? Qui peut croire aussi que l’on peut s’en passer plus de 5 mn le temps d’une panne du réseau ?

Nous sommes tellement habitués à sa présence que nous en oublions qu’au XIXème siècle la première lampe à incandescence de Edison  permit au grand public d’avoir accès dans quelques grandes villes aux miracles de la Fée Électricité…Pourtant au prix de milliers d’expériences à travers le monde cette énergie a aussi transformé les sociétés modernes.

Le digital (ou numérique) est le terme qui supplante l’informatique, Internet, et nous pouvons distinguer 4 périodes que je désigne comme pour l’histoire humaine, par âge.

L’âge Jivaro

C’est, comme ces sympathiques tribus sud-américaines, celui des coupeurs de tête. Toutes ces technologies depuis l’arrivée de l’informatique des années 50, ont eu pour conséquence ou but de couper dans les dépenses, dans les délais, et dans les emplois. C’est un âge du sousctractif et de la rentabilité. Autrefois on passait du temps pour trouver un taxi, réserver un voyage, ou acheter un bien. Avec un smartphone, et une appli (même les termes sont coupés !) vous pouvez faire cela en moins d’une minute. Cette image de réduction d’emplois est d’ailleurs celle qui reste pour le grand public et les personnes touchées par la robotisation rampante. Nous sommes encore, à des degrés divers selon les pays et les secteurs, dans cette ère ou le numérique coupe tout ce qui dépasse.

L’âge du Cambrien

Pour la terre il s’agit de l’explosion des espèces, en parallèle pour le numérique c’est celui de l’explosion des données, ce qu’on entend parfois sous le terme de Big Data. Avec des sources multiples et disséminées nous sommes sources et utilisateurs de ces données que nous laissons abondamment sur nos smartphones, nos courriels, nos chats sur les réseaux sociaux. Et ce ne sont que les plus connues. Nous sommes au tout début de cette ère. Ces données qui sont interconnectées, vendues ou louées permettent aux services marketing  de créer de nouveaux produits, services et métiers. Le réservoir d’emplois dépend de l’imagination des entreprises à les utiliser. Le cambrien c’est aussi l’apparition du cloud permettant le stockage massif et non localisé, c’est aussi la recherche sur ces fameux algorithmes qui nous connaissent parfois mieux que notre entourage.

 

L’âge de l’Intelligence Artificielle

Après plusieurs dizaines d’années de recherche l’I A pour les intimes, est en train de bouleverser nos modes de travail, le rapport homme-machine, et l’acquisition de compétences. Avec les métadonnées accumulées depuis l’âge cambrien, les statisticiens et experts en I A peuvent travailler sur les prédictions, les prévisions de toute nature. Interpréter des données floues à partir d’échantillons énormes comme les images, la voix, des radiographies, et fournir des informations stratégiques et fiables. Tous les secteurs de la société seront touchés, l’éducation, la santé, le travail, les loisirs…

L’intelligence artificielle représente un enjeu majeur pour l’avenir de l’espèce humaine car elle peut permettre des réalisations extraordinaires, mais mises entre des spécialistes de l’ »ignorance naturelle » elle peut aussi conduire à des catastrophes.

L’âge du post-digital

Nous n’y sommes pas encore, mais en se projetant vers 2025 nous verrons le numérique s’intégrer sans que nous le distinguions clairement dans nos vêtements, nos maisons, nos autos, nos écoles. Notre corps sans doute aussi. La biologie et en particulier le travail sur l’ADN, les neurosciences qui cherchent à reproduire plus ou moins les performances de notre cerveau et du système central et dans une autre mesure l’impression 3D qui est déjà en train de s’étendre permettront de créer un avenir à l’espèce humaine un peu comme certains visionnaires, Jules Vernes, Hergé, l’ont fait par le passé.

Les outils ne sont pas la finalité. C’est à une réflexion profonde, prospective et stratégique que nous sommes tous conviés comme utilisateur mais aussi concepteur de notre activité.

 

Article inspiré par Dominique F. Turcq. « Envisager dès maintenant le 4ème âge du digital : le post-digital »